Les congés font partie des droits essentiels des salariés. Pourtant, une question revient souvent : L’employeur peut-il refuser une demande de congé ? Entre cadre légal et contraintes de l’entreprise, la réponse n’est pas si tranchée. Car derrière chaque demande, il y a des règles… mais aussi des réalités de terrain. Et bien souvent, tout repose sur un mot-clé : l’équilibre.
Quand c’est bien cadré et bien communiqué, chacun y trouve son compte. Mais sans dialogue, les tensions ne sont jamais loin.
Les droits à congé : ce que dit le code du travail
Tout salarié acquiert des droits à congés payés dès lors qu’il travaille pour une entreprise. Le code du travail prévoit 2,5 jours ouvrables par mois travaillé. Soit 30 jours par an en moyenne. Ce droit est universel, que l’on soit à temps plein ou partiel.
Mais attention : le droit au congé n’implique pas une totale liberté sur les dates. La demande de congé doit respecter certaines règles. L’ordre des départs est souvent préétabli, la convention collective peut fixer des périodes imposées, et le service RH a un rôle de régulateur. Tout cela pour garantir un équilibre entre les besoins individuels et collectifs. Sans cadre, ce serait vite l’anarchie dans l’organisation des absences.
Alors… peut-on partir quand bon nous semble ? Eh bien, pas tout à fait. Il y a des règles du jeu. Et mieux vaut les connaître avant de poser ses dates.
Les cas où l’employeur peut refuser un congé

Oui, l’employeur peut refuser une demande de congé. Mais pas n’importe comment. Le refus doit être motivé par des raisons professionnelles légitimes. Par exemple :
- Période de forte activité
- Absence simultanée de plusieurs salariés
- Besoin de continuité du service
- Respect d’un ordre de départ déjà défini
Un refus de convenance personnelle ? Hors de question. L’entreprise doit pouvoir justifier son refus. Et ce refus ne peut être fondé ni sur l’ancienneté, ni sur des critères discriminants.
Imaginez une situation où deux salariés veulent partir en même temps sur une période critique. L’employeur doit alors arbitrer. C’est parfois frustrant, mais nécessaire pour garantir la bonne marche de l’activité.
Autrement dit, le patron ne peut pas juste dire non « parce que… ». Il doit expliquer, anticiper, et surtout informer le salarié dans un délai raisonnable. Car derrière chaque demande de congé, il y a souvent un projet, une organisation familiale, un besoin de souffler…
Les délais à respecter pour faire une demande
En pratique, un salarié doit prévenir son employeur un certain temps avant la date de départ souhaitée. Ce délai peut être de plusieurs semaines, parfois fixé par accord d’entreprise. D’autres entreprises utilisent un outil de planification intégré, permettant de poser ses jours plusieurs mois à l’avance.
Pourquoi ce délai est-il important ? Parce qu’il permet de planifier les absences, éviter les doublons, ajuster les plannings. Sans cela, c’est vite la pagaille… surtout dans les petites équipes.
En retour, l’employeur doit répondre dans un temps raisonnable. Trop attendre, c’est risquer que le salarié parte sans accord. Trop tard, c’est ouvrir la porte aux litiges. Certaines situations peuvent dégénérer en conflits ouverts, simplement faute de communication claire.
Et que se passe-t-il si aucune réponse n’est donnée ? Cela ne vaut pas toujours acceptation. Tout dépend de ce que prévoit la convention ou le règlement. Il est donc essentiel de connaître les règles propres à son entreprise.
Peut-on contester un refus ?

Imaginons que votre demande de congé soit refusée. Pouvez-vous contester ? Dans certains cas, oui. Mais attention, cela ne se fait pas sur un coup de tête.
Il faut d’abord savoir si le refus est justifié. L’employeur a-t-il respecté les délais ? La motivation est-elle valable ? Y a-t-il eu un traitement équitable entre salariés ? L’accord d’entreprise prévoit-il des recours ?
Si ce n’est pas le cas, il est possible d’en discuter avec le service RH. Un entretien calme, posé, peut débloquer bien des situations. Et si le dialogue ne suffit pas, une saisine du Conseil de prud’hommes peut être envisagée. Même si c’est rarement la première option.
Mais soyons honnêtes : dans la majorité des situations, un accord amiable reste la meilleure voie. Car dans le travail, comme ailleurs, mieux vaut préserver la relation que la briser pour quelques jours de vacances.
Quelques situations particulières à connaître
Certaines situations sont un peu à part…
- Congé parental ou sabbatique : plus encadrés, mais parfois reportables
- Congé pour événement familial : mariage, décès, naissance… difficilement refusables
- Report des congés non pris : attention à la prescription
- Fermeture annuelle : là, les dates sont imposées
Autre point : certains congés légaux sont prioritaires. Par exemple, un congé maternité ne peut jamais être refusé. Pareil pour certains congés pour formation ou engagement citoyen.
Bref, tout n’est pas noir ou blanc. Il faut regarder le cas par cas, lire entre les lignes des conventions, et souvent… discuter. Et ne jamais oublier que les règles évoluent. Ce qui était vrai l’an dernier ne l’est pas toujours cette année.
Ce qu’il faut retenir (et appliquer)
Un refus de congé n’est pas une injustice automatique. Il peut être légitime si l’entreprise suit les règles, respecte les délais, et motive sa décision.
Côté salarié, il faut :
- Anticiper sa demande plusieurs semaines avant
- Vérifier les accords et périodes sensibles
- Discuter avec son manager si besoin
- Garder une trace écrite de l’échange
- Ne pas hésiter à proposer des alternatives si sa demande gêne l’organisation
Et côté employeur, il faut :
- Être clair sur les règles internes
- Informer les salariés du calendrier
- Motiver les refus de congé sans flou
- Éviter les abus ou inégalités entre collaborateurs
- Former les managers à gérer ces demandes avec équilibre et transparence
Un bon climat social, ça passe aussi par une gestion humaine des absences. Pas juste des feuilles Excel ou des codes sur un planning… mais une vraie écoute, un dialogue constructif et une organisation souple, mais carrée.
Alors, peut-on refuser une demande de congé ? Oui… mais pas à la légère. Et surtout, jamais sans dialogue. Une entreprise où l’on parle, c’est une entreprise qui avance.